Visite du Premier ministre chinois en France
Le Premier Ministre chinois, Wen Jiabao, est en France depuis trois jours, première étape d’une tournée européenne qui le mènera ensuite en République Tchèque, en Slovaquie et au Portugal.
Pour Hélène Flautre, Présidente de la Sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen, "la teneur des échanges sino-français, purement économiques et commerciaux, est absolument scandaleuse. Quel cynisme de se réjouir de la future implantation d’une usine Airbus en Chine alors que les conditions de travail - dix à douze heures de travail journalier, salaires très bas, heures supplémentaires non payés - sont très loin de respecter les conventions internationales du BIT !"
Elle constate que, " durant ces quatre jours, pas un mot sur la situation des droits de l’Homme en Chine ne sera sorti de la bouche des autorités françaises, qui préfèrent se féliciter de la vente de 150 avions. Je constate qu’elles ont les yeux grands ouverts sur l’immense marché que représente la Chine mais je les invite à aller regarder de plus près ce qui se passe dans les stades, ce qui se passe dans les camions Iveco, où le pouvoir chinois use de la peine de mort dans des proportions vertigineuses qu’il refuse d’ailleurs de chiffrer."
Dominique de Villepin a également réaffirmé à son homologue chinois toute la détermination française à convaincre ses partenaires européens de lever l’embargo sur les ventes d’armes qui pèse sur la Chine depuis 1989 et la répression de Tian An Men. Pour Hélène Flautre, "cette proposition est tout à fait irresponsable, vu la course à l’armement que se livre Taïwan et la Chine et la militarisation extrême de la région, entre notamment l’Inde et le Pakistan. Le Parlement européen a d’ailleurs réaffirmé avec force, dans une résolution adoptée en juillet dernier, son opposition à la levée de cet embargo tant que des progrès substantiels en matière de droits de l’homme et de relations sino-taiwanaises ne seraient pas constatés."
Hélène Flautre rappelle que "l’Union européenne entretient un dialogue politique avec la Chine pour faire progresser les droits humains dans ce pays. L’attitude de la France va aujourd’hui à l’encontre de cet objectif en faisant passer ses intérêts économiques avant la question du respect des droits de l’Homme. C’est pourquoi j’en appelle à davantage de responsabilité et de fermeté de la part des gouvernements européens qui vont recevoir le Premier Ministre chinois dans les jours prochains."
