Relations euroméditerranéennes-14/03/2007
Madame la Présidente, parmi les incontournables des relations Euromed, de toutes les résolutions et déclarations à leur propos, figurent le processus de paix au Moyen Orient, la lutte contre le terrorisme, la coopération en matière de politique d’asile et d’immigration, la promotion de la démocratie et des droits de l’homme. Mais entre les déclarations et les résultats, modestes, combien long est le chemin et profond le fossé !
Au Moyen Orient, l’Union européenne a bien des difficultés à soutenir l’application vraiment impartiale du droit international. La rhétorique développée jusqu’ici par l’Union européenne en matière de respect des droits fondamentaux dans le cadre de la lutte contre le terrorisme a pris du plomb dans l’aile depuis le rapport Fava sur l’immigration. La politique de l’Union européenne a pour effet très direct d’enfermer les migrants et les réfugiés dans leur zone d’origine ou de transit, en violation de leurs droits fondamentaux. Enfin, les performances médiocres en matière de démocratisation et de droits de l’homme se heurtent chaque jour aux noms des défenseurs des droits de l’homme journalistes, opposants politiques ou encore prisonniers d’opinion ou syndicalistes – qui croupissent dans les prisons.
En Tunisie, où l’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne, l’APEM, se réunira pour sa session plénière, l’ensemble des projets financés par l’Union européenne en faveur de la société civile sont bloqués. Pas un seul journaliste ne peut librement s’exprimer. La ligue tunisienne des droits de l’homme, le syndicat des journalistes et d’autres associations sont toujours empêchés de tenir leur congrès. Maître Abou, avocat et défenseur des droits de l’homme dont nous demandions déjà, en juin 2006, la libéralisation, vient d’entamer sa troisième année de prison.
Chers collègues, nous le savons, c’est la participation des sociétés civiles au processus et c’est le contrôle démocratique et parlementaire des politiques euroméditerranéennes qui constituent la clé de la relance d’une dynamique vertueuse, d’une dynamique pour la paix, d’une dynamique pour le développement durable et pour les droits humains.
L’Assemblée parlementaire Euromed doit donc tout mettre en œuvre pour soutenir, promouvoir, impliquer les réseaux et les acteurs de la société civile dans ses travaux et pour développer une réelle capacité indépendante et autonome des gouvernements, une capacité d’évaluation, d’impulsion et de proposition dans le cadre de la politique euroméditerranéenne.
Intervention en plénière du 14 mars 2007
