Relance du nucléaire en France : un non-sens énergétique et économique
Face à la crise, le Président n’apporte que des réponses passéistes et s’engouffre dans la fuite en avant, comme en témoigne son discours télévisé d’hier et d’aujourd´hui sur l’énergie. Le nucléaire est une énergie en déclin comme l’a démontré le rapport sur « L’Etat des lieux 2007 de l’industrie nucléaire dans le monde » publié l’année dernière par le Parlement européen.
L’argument de l’emploi, désormais opposé aux partisans d’une autre donne énergétique pour les disqualifier, ne tient pas. Les deux EPR vont créer quelques centaines d’emplois tandis que le domaine des renouvelables pourrait en apporter 15 fois plus. Ce n’est pas la fuite en avant vers le nucléaire qui sauvera l’emploi en Normandie !
L’heure est aux choix résolument durables, créateurs d’emplois et de sobriété énergétique. Les investissements dans les renouvelables, les économies d’énergie, la performance énergétique des bâtiments, les transports économes en énergie sont des choix d’avenir mais sont actuellement les parents pauvres du plan de relance, comme l’a montré l’absence de financement ambitieux pour le ferroviaire ou le fluvial. Il y a là des gisements d’emplois pérennes, non délocalisables que le gâchis d’argent public dans le nucléaire empêche d’exploiter.
Le premier nouveau projet de construction d’une centrale nucléaire en Europe depuis 15 ans, l’EPR finlandais, se révèle une catastrophe financière : il accumule les retards et a vu son budget exploser. L’EPR de Flamanville est en train de suivre ce même chemin. La décision de construire un nouvel EPR à Penly est une persévérance coupable dans une erreur industrielle et financière dont nous payerons tous les conséquences.
Hélène Flautre, députée européenne
François Dufour, syndicaliste paysan
Rudy L’Orphelin, secrétaire régional des Verts de Basse-Normandie
Stéphanie Taleb-Tranchard, secrétaire régionale des Verts de Haute-Normandie
