Politique euro-méditerranéenne / Préparation en vue de la prochaine réunion de l’APEM - 15/03/2006

Monsieur le Président, je souhaite moi aussi condamner l’attaque lancée hier par les forces de Tsahal contre la prison de Jéricho. De telles actions ne peuvent qu’inciter à la radicalisation de la politique du Hamas et, par là même, à la complication des relations, déjà bien tendues, dans cette région.

À la lumière des violations du droit international et des droits de l’homme et eu égard aux enjeux démocratiques dans cette région, il faut déplorer que les déclarations et engagements qui ont résulté du Sommet de Barcelone n’aient pas été accompagnés d’un engagement plus fort et plus concret en matière de promotion des droits de l’homme et de la démocratie.

La liberté d’expression est un droit universel, à la fois vital et essentiel au développement de toute démocratie et l’Union européenne ne devrait pas, à ce titre, ménager ses efforts pour sa défense et sa promotion.

Il ne s’agit pas seulement des suites de la publication des caricatures. En Algérie, ceux qui attaquent le Président se voient intenter des procès pour diffamation et condamnés à des peines d’emprisonnement ou à des amendes. C’est le cas d’Ali Dilem, du correspondant du Sud-Ouest d’Alger, Bachir El Arabi et d’Hakim Laâlam, le chroniqueur du Soir d’Algérie.

Mohamed Benchicou, le directeur du Matin, est incarcéré à la prison d’El-Harrach, depuis le 14 juin 2004. Malgré son état de santé qui ne cesse de se détériorer, les autorités refusent de le soigner. Près d’une cinquantaine de plaintes pour délits de presse ont été jugées ou sont instruites contre lui. Il s’agit là d’un prisonnier d’opinion et non pas d’un prisonnier de droit commun, comme l’affirment certains !

En Tunisie, dont la délégation présidera prochainement l’APEM, maître Abbou, avocat et défenseur des droits de l’homme, est incarcéré depuis plus d’un an, à la suite de la publication de deux articles critiques. Il s’était déjà cousu la bouche afin de marquer son désaccord sur son emprisonnement et ses conditions de détention. Il envisage maintenant d’entamer une grève de la faim.

Au Maroc, Aboubakr Jamai et Fahd Iraki, du journal L’Hebdomadaire, ont été condamnés à verser l’équivalent de 143 années de salaire minimum marocain. L’édition du 2 février 2006 du quotidien espagnol El Mundo a été interdite de diffusion à cause d’un article écrit par Ali Lmrabet. Les journalistes de l’hebdomadaire TelQuel ont également été condamnés pour diffamation.

J’en termine en lançant un appel pour que les droits de l’homme et la démocratie soient davantage pris en considération dans les discussions au sein de l’APEM, comme nous y invite le Prix Sakharov 2005, Reporters sans frontières.