Interventions d’une minute sur des questions politiques importantes - 16/01/2006

Monsieur le Président,

Il y a quatre ans, les États Unis transféraient leurs premiers prisonniers de la guerre contre le terrorisme, cagoulés et enchaînés, vers le centre de détention de Guantanamo, sur leur base navale à Cuba. Environ 500 personnes, issues de 35 pays, sont toujours détenues, sans inculpation ni jugement, privées des droits reconnus par le droit international. De plus en plus d’informations font état de torture et de mauvais traitements contre les détenus de ce centre. Dans les faits, les prisonniers restent dans une situation de non-droit. Ils sont souvent placés à l’isolement, quelquefois pendant des mois, pour avoir enfreint les règles strictes de fonctionnement du camp. Plusieurs ont tenté de mettre fin à leurs jours. Le projet des États Unis de faire juger les détenus par des commissions militaires ne fera qu’aggraver l’injustice. En effet, ces commissions ne sont pas indépendantes et admettent des déclarations extorquées sous la torture ou la contrainte. Dans ces conditions, Monsieur le Président, n’est il pas temps d’allier nos voix à ceux qui, en Europe, demandent la fermeture de ce centre ?