Intervention en séance plénière - 15/09/2005
La prise d’otages et le massacre de Beslan ainsi que la lutte contre le terrorisme
Monsieur le Président, je voudrais m’adresser au Président en exercice du Conseil, M. Bot, pour lui demander ce qui lui est arrivé depuis une semaine. Il y a une semaine, vous avez posé une question très simple aux autorités russes, en leur demandant comment cette tragédie avait pu arriver ? Et cette question très simple, vous avez eu raison de la poser, mais vous avez tort aujourd’hui de vouloir l’enterrer. Pourquoi ? Parce que c’est la question que se posent toutes les familles à Beslan ; c’est la question que se posent toutes ces familles en deuil. Que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé ? Et comment ne pas voir que, dans cette tragédie, le pouvoir russe a déployé tout le cynisme calculateur de ses pratiques - manipulations, désinformations, empoisonnements - et les meilleurs journalistes, spécialistes de la question tchétchène, se sont trouvés empêchés d’arriver sur les lieux. Comment nier ces faits ? Comment ne pas poser de questions aux autorités russes ? Comment voulez-vous, Monsieur le Président du Conseil, coopérer dans la lutte contre le terrorisme international avec un pouvoir qui, dans un premier temps, nie tout lien avec le conflit en Tchétchénie, avec un pouvoir qui, dans un deuxième temps, condamne et met à prix la tête de son Président indépendant modéré Maskhadov. Ensuite, ce même pouvoir en appelle à une lutte internationale contre le fléau planétaire du terrorisme, pour enfin demander à tous les États de ne pas commettre d’ingérence dans ses affaires intérieures. Quel est ce pouvoir incohérent et manipulateur avec lequel vous voulez coopérer pour sauver la démocratie, l’État de droit, notre code de valeurs ? Réfléchissez, Monsieur Bot.
