Espace de liberté, de sécurité et de justice - 11/04/2005
Monsieur le Président, je voudrais en effet manifester mon étonnement d’avoir vu très peu développée dans vos propos - que ce soit ceux du commissaire ou ceux du Président en exercice du Conseil - la question de la dimension extérieure de la politique d’asile et d’immigration.
Vous n’êtes pas sans savoir que le Parlement européen a décidé de discuter de la question de la situation de Lampedusa et des camps en Libye dans le cadre de ses résolutions d’urgence jeudi, que la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe (y compris la Libye), qui se rendra en Libye la semaine prochaine, a décidé de visiter un centre d’accueil des étrangers et que la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures réfléchit à une mission sur le terrain.
Dans ces conditions, je pense que l’intérêt du Parlement européen, qui a plusieurs fois réitéré son refus d’une externalisation de l’asile et de la constitution de camps aux frontières de l’Europe, aurait mérité un propos plus développé de votre part. À Lampedusa et en Libye, ce sont plusieurs des droits fondamentaux prévus à la fois dans la Charte des droits fondamentaux, dans la Convention européenne de sauvergarde des droits et dans la Convention de Genève sur le statut des réfugiés qui sont clairement violés.
Dans ces conditions, le Conseil entend-il manifester à l’État violateur la situation de violation répétée et systématique des droits, puisque nous sommes aujourd’hui à Lampedusa III, je crois ?
